L'analyse de pratique professionnelle

Les enseignants, les formateurs, en règle générale, bénéficient rarement de lieux et de moments pour analyser leur pratique, pourtant les référentiels de compétence en vigueur font état de cette compétence à développer : être capable de réflexivité pour analyser sa pratique et l'améliorer constamment.

De quoi s'agit-il ?

Nous nous référons ici à la pratique des GAPP, développée par Patrick Robo, que nous citons largement.

​"Les GAPP ne sont pas des groupes de résolution de problème, ni d'échange de pratiques, ni de conseils (donnés), encore moins de thérapie. Ils s’inscrivent dans une démarche de professionnalisation".

Les GAPP s'adressent à tous les métiers "de l'humain" (éducateurs, formateurs, animateurs, travailleurs sociaux etc.).

Ils ne remplacent pas le coaching.

Finalité

Il s'agit d’aider, grâce à un groupe, un acteur professionnel  engagé à y voir clair à propos d'une situation singulière qu'il présente .

Pourquoi ?

Dans le feu de l'action professionnelle, nous agissons rapidement, le plus souvent en actionnant des réflexes professionnels pertinents ou justifiés, mais notre action ne comble pas toujours nos besoins profonds ou ne correspond pas à nos valeurs. Il nous reste alors de la colère, de la tristesse, du regret, de la crainte, du mécontentement. En ré-explorant la situation de manière positive, constructive, et sous différents regards (ceux des participants), la situation est perçue autrement par la personne qui l'a vécue.

Le professionnel peut alors mettre de la distance, de l'objectivité et considérer la situation comme une expérience supplémentaire qui devient un apprentissage et plus seulement un événement plus ou moins désagréable.

En groupe ?

Quel est l'intérêt du groupe ?

Les participants vont explorer une même situation de manière singulière et différente et partager cette exploration. Les regards sont multipliés.
Par homomorphisme* , chacun peut revisiter des situations professionnelles qui présentent un certain nombre de point communs.

* processus d'imitation, de transfert, conscient ou inconscient, qui permet de retrouver dans une situation présentée par autrui des caractéristiques (émotions, comportements, réactions, pensées...) que nous avons vécu dans une situation personnelle.

Comment ?

Une situation est exposée par un participant, à l'ensemble du groupe.
Par un processus cadré, dont l'animateur du groupe est le garant, la situation vécue sera rendue plus intelligible, sans que le groupe se substitue à la personne.

Le processus, appuyé sur un questionnement ouvert, l'émission d'hypothèses, une écoute active et sans jugement, l'absence de conseil, permet au participant d'élucider peu à peu ce qui s'est joué, pour lui, dans cette situation et d'élaborer si besoin, un autre scénario, plus satisfaisant, si une situation analogue se reproduit, en se "construisant des contre-schèmes de vigilance et d'anticipation".

Principes

Les GAPP reposent sur :

- le volontariat

- la confidentialité

- l'assiduité

- la régularité

Le processus repose sur :

- des règles de prise de parole,

- une manière de questionner (ouverte, non-jugeante, non-inductive),

- des alternances de phase ayant un but précis.

 

L'animateur est garant du cadre.

Déroulement

 

Chaque séance se déroule en six phases successives:

  1. le rituel de démarrage: rappel des principes et du fonctionnement du GAPP; émergence de situations  etchoix de celle qui sera exposée;

  2. le temps de l'exposé d'une situation par un exposant volontaire ;

  3. le temps des questions des participants pour recueillir plus d’éléments d'information sur la situation ;

  4. le temps d'émission d'hypothèses de compréhension pour aider à analyser, tenter de comprendre la situation ou à induire la recherche du modifiable, toujours sur l'amont de la situation ;

  5. la conclusion par l'exposant, s'il le souhaite ;

  6. l'analyse de l'analyse ou méta analyse, sans retour sur la situation exposée (champs explorés, hypothèses et non conseils, difficultés rencontrées...)